Gevrey-Chambertin : Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

Gevrey-Chambertin voit son premier cru Bel-Air, juste au-dessus du Clos de Bèze, terrassé en ce moment au tractopelle. Le terroir ? C’est le tas de terre qu’on voit au fond sur la photo.

Y aller c’est comme marcher dans un cimetière, avec ces dalles de comblanchien de calcaire blanc, à l’air libre, éventrées, renversées, pointe hérissée vers le haut, attendant le concassage pour finir en petits cailloux. Voilà tout ce qu’il reste de la moitié du 1er cru Bel-Air à Gevrey-Chambertin dont le propriétaire, le domaine de la Vougeraie, vient de se lancer dans de gros travaux de terrassements qui ont démarré vendredi 30 septembre.

Le tractopelle dans la parcelle du 1er cru Bel-Air
Le tractopelle dans la parcelle du 1er cru Bel-Air

Un chantier mené tambour battant en septembre 2011

Dix mètres de haut de sol brun calcique, qui ont mis des dizaines de milliers d’années à former une couche de 40 cm d’épaisseur, sont soigneusement stockés en bas de pente. En fait, les mauvais cailloux de calcaire blanc qu’on voit maintenant, c’est la roche-mère, le socle, le squelette du terroir.
Je suis passée faire ces photos lundi 3 octobre : tout était fini. Les premiers coups de pelle, eux, datent du 30 septembre. Il a donc fallu trois jours pour tout casser, grâce la gigantesque pelleteuse perchée sur la butte. le tractopelle dans le premier cru Bel-Air à Gevrey-Chambertin

Le rendement, le coeur du problème

Mais il faut dire aussi que la pelle seule est presque aussi grande qu’un homme. Maintenant, que va-t-il se passer ? La pelleteuse va être remplacée par d’autres engins de chantier qui vont concasser la roche-mère (du comblanchien, nous apprennent les cartes géologiques) en petits cailloux. Ca donnera un sous-sol meuble, drainant. Puis on va remettre par-dessus la terre, et hop, le tour est joué. Voilà un beau terroir tout neuf, à la pente bien calibrée, au sous-sol se laissant aimablement planter de piquets de vigne. Finies les plantations à la barre à mine parce que cette damnée roche-mère affleurante résiste ! Finis les jeunes pieds souffreteux qui peinent à s’enraciner parce qu’il faut, après 40 cm de sol, se faufiler à travers les dalles calcaires. A nous les rendements au taquet ! Le sous-sol concassé du premier cru Bel Air (Gevrey-Chambertin)

De tels travaux ne sont hélas plus rares dans la Côte. Récemment encore, Vincent Girardin a ainsi refait ses Puligny 1er cru Folatières. C’est si facile de tout casser avec des engins de chantier. Les anciens n’avaient que leurs bras : ils se contentaient d’extraire à la main les fameuses dalles qu’un soc de charrue soulevait parfois. Maintenant, un coup d’engin, et voilà. Et tout le monde est content : les prestataires de service, qui défoncent pour ensuite être payés à tout concasser, le vigneron, qui se débarrasse des problèmes de dévers et de rendements insuffisants…

Que dit l’INAO ?

Qu’en dit l’INAO ? On se souvient que dans les années 80, à Meursault, l’INAO avait déclassé des parcelles de meursault en rien du tout, donc en friches, parce que le propriétaire leur avait apporté de la terre exogène. Mais là, subtile différence, la terre est bien celle du terroir. Sauf qu’on a enlevée comme s’il s’agissait d’une vulgaire couche de bitume. Or les géologues vous diront que le terroir, ce n’est pas un Lego. Que le sol a une vie propre, qui a mis des dizaines de millier d’années à s’organiser par lessivages, drainages, érosion. C’est un patrimoine fragile et vivant, porte d’entrée de l’oxygène pour les racines, et qui peut donc mourir. Alors le traiter ainsi, c’est dire : « j’ai un sol compacté, les vignes souffrent, donc je casse tout et on reprend à zéro ». Mais qui l’a compacté, ce sol ? ce ne seraient pas des pratiques culturales foireuses, par hasard ? Et qui c’est, ce propriétaire qui se permet ainsi de massacrer un terroir, au moment où toute la Bourgogne pavane et fait des moulinets au nom du Classement au Patrimoine Mondial de l’UNESCO ?
La suite de l’histoire, vous l’aurez en lisant la RVF de novembre prochain… Ou sinon, dans un prochain update de ce post.
Edit : UPDATE DU 26/10/2011 Les commentaires de ce post sont fermés. Merci de ne plus en poster, car ils ne seront donc plus publiés.
Edit : UPDATE du 26/10/2012. Suite à cet article, le syndicat de défense de Gevrey-Chambertin s’est emparé de l’affaire. Le domaine a été obligé d’arrêter et de remettre la terre enlevée. Ceci dit, le gros du travail avait été fait, donc ça n’a pas du changé grand-chose. On attend toujours, à l’heure qu’il est, la réaction du comité de promotion du Classement de la Bourgogne au patrimoine de l’Unesco, qui n’a pas pour le moment condamné cette opération de terrassement.

, Côte de Nuits

18 commentaires sur “Gevrey-Chambertin : Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

  1. Inconscience ou suffisance ? Le monde viticole bourguignon, à l’évidence, perd aujourd’hui ses repères. À l’heure même où L’Association des Climats du vignoble de Bourgogne tente de convaincre les instances de l’UNESCO, de classer les « climats » du vignoble de Bourgogne au patrimoine mondial… les pratiques et les agissements décrits dans cet article, sont – malheureusement – aujourd’hui monnaie courante.

    On peut aisément observer ce phénomène à Nuits-Saint-Georges, au lieu-dit Les Thorey où depuis 2010 on « reconstruit » un terroir en recouvrant la roche-mère concassée et réduite en confetti, par de la terre végétale provenant d’une parcelle située au bord de la route nationale, en face de l’hôtel Ibis de Nuits-Saint-Georges. Plus étonnant encore, à Vosne-Romanée, au lieu-dit La Tâche, célèbre grand cru monopole du non moins célèbre Domaine de la Romanée-Conti.

    Au mois de mai de cette année, après l’arrachage des vieilles vignes situées sur l’une des parcelles, on a également procédé ( comme à Gevrey-Chambertin, au lieu-dit Belair ) à un décapage-brassage 
et remontage des sols superficiels sur le haut de la parcelle pour « mieux préparer » la replantation prévue dans quelques années. Étonnant, lorsque l’un de cogérants du domaine, véritable chantre de cette Bourgogne éternelle, revendique sa filiation à l’héritage séculaire des moines bénédictins qui ont « inventés » le concept des climats… préside L’Association des Climats du vignoble de Bourgogne.

    Pour les incrédules, je les invite à découvrir les images en allant sur le lien : http://www.privateburgundy.com/twitter3

    Aujourd’hui, il existe un malaise et un décalage certain, entre les amateurs du monde entier, venant en amoureux transis découvrir les climats du vignoble de Bourgogne et les vins dont ils sont issus ( prêts à payer des sommes exorbitantes pour en saisir la magie )… et une partie du monde viticole bourguignon, considérant ces terres juste comme un foncier d’exception, exploité durement, pour en tirer le plus haut revenu.

    Il est parfaitement compréhensible que les propriétaires actuels de ce merveilleux patrimoine, œuvrent avec ldes moyens contemporains pour améliorer sans cesse la qualité de leurs vins… tout en respectant au mieux l’environnement, et surtout en préservant ces terroirs magiques dont ils ne sont que les héritiers.

    Fabrizio E. Franchetti, pour Privateburgundy.

  2. Merci pour ce reportage, qui montre ô combien qu’on peut attenter à un terroir!…
    En tant que professionnel de la vigne et du vin depuis plus de 30 ans, je reçois ce que vous décrivez là comme un « péché contre l’esprit » – il n’y en pas de pire!
    Je gagerai volontiers cependant, et ce sera tant mieux, que le vin issu d’un tel attentat sera un vin sans mémoire…

    Bien à vous
    Bernard Grandchamp
    http://fr.linkedin.com/in/bernardgrandchamp

  3. D’abord vous confondez terroir et sol. Le second est un élément du premier mais est loin d’être le seul a avoir un rôle capital sur la qualité du futur raisin et donc du vin produit.
    Ensuite, il serait bien que l’on arrête de croire que la culture de la vigne n’est pas un acte fort de civilisation. Qu’ont fait les moines en bourgogne si ce n’est avoir modelé le paysage, y compris les sols, en choisissant et façonnant des terroirs au fil des siècles.
    Quand ils construisaient des murets pour créer des clos, ce n’était pas pour faire joli, mais pour retenir les terres face à l’érosion, ce que font nombre de vignerons encore. Quand ils plantaient des haies modifiant en cela les courant d’air, voir les expositions au soleil, les auriez vous incriminé d’avoir modifier l’équilibre naturel des lieux? et quand depuis des décennies certains vignerons ont établis des terrasses pour améliorer la culture de la vigne, trahissent-ils leur terroirs selon vous?
    Rien n’est « naturel » dans la culture de la vigne, tout n’est qu’intervention humaine, et si cette parcelle de Gevrey est mieux drainée, elle produira de meilleurs raisins, en quoi serait-ce répréhensible tant qu’il n’y a pas import de matière organique ou minérale d’un autre lieu (ça c’est en effet condamnable car ça travestit un des éléments du terroir initial)?
    Je vous laisse à vos suppositions pour ce qui concerne la culture de la vigne et les tassements des sols qui justifierait à eux seuls ces travaux.
    mais arrêtons avec cette culture su sacro-saint sol qu’on vénère quand on sait que la culture de la vigne n’aboutit qu’à un appauvrissement généralisé des sols qui devraient nécessiter une mise en jachère tous les 5 ans.

  4. C’est très triste … et d’autant plus que cela doit (encore une fois !) être dicté par l’appât du gain : à plus de 50 Euros la bouteille, il n’y a plus de conscience mais de la finance. Dire que nous pourrons un jour retrouver ce champ de pierre dans nos verres !

    Espérons que les autorités (qui en manquent bien souvent) viendront mettre de l’ordre dans ce Capharnaüm. Ce n’est plus de la viticulture, c’est de l’escroquerie pure et simple

    bruno

  5. Bien…
    Essayer de convaincre des ignorants étant à peu près équivalent à combattre des moulins, j’enfile ma panoplie de Don Quichotte.

    Sur les grands points, je rejoins Enzo, dont je n’ai pas et de loin les connaissances mais dont j’aimerais qu’il me livre quelques caisses de la région du Nebiolo, si son prénom fait bien référence à l’italie.

    Le Bel Air, avant d’en parler, il faut le connaître. Une parcelle tout en haut de Gevrey, à l’ombre ds pins quand les grands crus prennent le soleil. Des vignes dans lesquelles un pied sur dix passe les dix ans. Gel, sol pauvre. Rien à voir avec vos « coteaux » de Pomerol, Monsieur Vinblog. Rien à voir.

    Alors ces travaux vous choquent ? En quoi ? Parce que ce sont des machines au lieu de dos d’ouvrier ? LOL, pas moi. Les vieux vous le diraient, Mme Kennel. Comme les vieilles vous diraient que si la pillule avait existé de leur temps, vous ne seriez pas là pour écrire de telles inepties.

    On a beau jeu à parler du « bon vieux temps », du « c’était mieux avant ». On oublie trop souvent que les meilleurs vins, ce ne sont pas les piquettes d’hier, mais ceux d’aujourd’hui.Démagogie de l’auteur, oui, absolument. Ca flatte le lecteur, ce regard admiratif vers le passé. Ces mêmes ancêtres qui plantaient des cépages car ils « pissaient dru ».

    Parce que ca change le terroir ? Non sérieusement, vous avez déjà vu un pied de vigne ? J’en doute. Enfin, pas dans une encyclopédie je veux dire. Là, il y a 20 cm de terre et de suite la roche. Que les géologues s’expriment !!! Leur parole vaudra mieux que ces bien-pensants qui n’ont vu une vigne que sur ARTE.
    Vous pourrez dire ce que vous voulez, mais la vocation d’un être vivant, végétal ou autre, n’est pas de mourrir dans la fine fleur de l’âge. Or c’est ce qui se produit car la plante ne peut pas survivre dans ces conditions si on ne l’aide pas. Et c’est ce qui est fait.
    On aide la plante à mieux se développer. Vous connaissez, dans un terrain favorable, ou pas trop défavorable, la profondeur qu’atteint les racines d’un pied de Pinot Noir.
    J’en doute. Essayez ! Deux mètres ? Trois mètres ? Héhéhé vous êtes bien loin du compte.

    Quand on creuse un trou d’un mètre cube à la dynamite pour planter un pêcher dans le Lubéron, c’est juste obligatoire pour que le pêcher ne crève pas de suite. Je me trompe ? D’ailleurs, on pourrait transposer cela sur un pêcher à Gevrey Chambertin, cela marche aussi. Et aussi sur des pieds de vigne à Gevrey, quand cela est nécessaire.

    Alors pourquoi ces travaux si couteux ?
    Pour produire plus me direz vous ? Parmi les lecteurs de ce blog, quelqu’un connait il les rendements sur le Bel Air. Là, j’en doute encore. Même s’il double, triple, décuple sa production, le propriétaire ne rentrera jamais dans ses frais. Jamais.
    Encore une fois, quand on ne sait pas, mieux vaut se taire.

    Et si la seule motivation était la bonne santé de sa vigne ?

    Posez vous juste la question de savoir d’où émanent ces informations. Sur « leurs » liens passés avec Bel Air. En cherchant un peu sur le net, vous trouverez. Tout se sait par chez nous.
    Habituellement, le venin, à Gevrey, vient des serpents de Lavaut Saint Jacques !

  6. Bonjour Monsieur,

    Personne ne conteste les différences « de travail » que vous évoquez… je vous renvoie juste au poste d’Enzo D’aviolo.

    En revanche, l’aspect partial de cet article en indique long sur les motivations réelles de son auteur. En vous renseignant un peu, vous comprendrez. Et en comprenant, vous remettrez en question quelque peu ce qui est écrit comme des Vérités.
    D’autres ont fait la même chose, y compris dans le Jura chéri de cette dame, sans que cela ne suscite de polémique… oui mais seulement…
    Elle ne va pas non plus dans le Nord de la Côte d’Or quand les champenois font le plein, etc. L’attaque était ciblée.

    Je vous encourage à aller voir sur place, même si vous semblez habiter loin. Il aurait même été intéressant que vous puissiez y aller sur place avant.
    Pour ma part, je promène régulièrement mon chien sur place, et très sincèrement, même si je me place du coté « des méchants-qui-cassent-tout », je n’ai pas du tout l’impression que ces travaux coûteux soient effectués pour les motivations « maléfiques » que l’auteur de cet article leur prête.

    Et en tant que « simple consommateur », je continuerai à boire avec autant de plaisir ce premier cru, que je vous recommande, comme son petit frère des Evocelles.

    Cordialement,

    TimeIsRunningOut

    • Je ne me permets pas, en principe, de répondre aux commentaires de mes propres articles, mais là il me semble qu’une petite mise au point est nécessaire. Les « motivations réelles de l’auteur » ne sont pas de tirer à bout portant sur UN producteur, dont vous remarquerez que je tais le nom ici pour ne pas justement en faire le bouc émissaire d’une pratique qui se généralise dans la Côte. J’ai justement eu le loisir d’expliquer par téléphone au producteur concerné que, dans un article sur ce sujet à paraître dans la RVF, je m’attacherai à citer d’autres exemples de ces pratiques, dans d’autres endroits de la Côte, pour élargir le débat et toujours éviter ce côté « bouc émissaire médiatique » que je trouve détestable. Maintenant, si on va chercher dans les comparaisons : désolée, mais pour faire ce genre de travaux, il faut des sous, et dans le Jura, y’en a pas assez pour faire ça. A ma connaissance, dans le Jura, un seul secteur a été terrassé, une butte des Bruyères sur Arbois et un coteau sur Pupillin, mais rien qui soit en proportion avec les pratiques de la Côte dont les exemples commencent à s’accumuler. La Champagne, je n’y mets jamais les pieds, je ne peux donc pas en parler, en toute bonne foi. Quant à l’aspect « partial », excusez-moi… Je ne suis pas l’antenne jurassienne de l’AFP ! Si vous voulez du communiqué de presse, abonnez-vous aux newsletters des producteurs. J’ai une opinion personnelle sur le terrassement, comme j’en ai une, tout aussi engagée, sur les volets roulants en matière de restauration de bâti ancien, ou sur les murs de pierre sèche replâtrés au ciment gris… Et je l’écris. Je suis allée voir sur place, et ensuite j’ai potassé l’excellente littérature du cabinet de géologie SIGALES, qui donne aussi un avis éclairé, repris dans mon article, sur le temps que met un sol à se constituer. Donc je n’écris pas sous l’emprise d’un romantisme parisien mâtiné d’incompétence, mais oui, je m’autorise à défendre un avis partial et engagé, tout en refusant à quiconque le droit d’y voir une sombre machination contre un producteur précis. En l’occurrence, quitte à parler de machination, j’aimerais bien savoir qui a besoin d’un pseudo pour lancer ce genre d’accusation voilée, hmmm ? Moi au moins j’y vais franco, sans mon chien, mais avec mon vélo, et je signe de mon nom ce que je vois.

  7. Bernard
    Les ‘bio cons’ et les ‘terroiristes’ (expression de M Bettane) n’ont pas d’avenir. Les informations que tu véhicules (balances) sont en partie inexactes, mais cele n’engage que la personne qui les a écrites. Maintenant il existe des appellations dont le sol a été concassé qui produisent des vins dignes de leur AOC. C’est facilement vérifiable, il suffit d’y aller. Ce n’est pas parce que l’on utilise un engin mécanique que l’on veut détruire, on peut vouloir construire mieux et meilleurs sans modifier le paysage. Les cyclistes et les chiens ne verront pas la différence.On a modifié la structure du terrain avec des éléments indigènes et non exogènes. La racine qui ‘suce le caillou’ à 10 cm du sol n’amène ni le qualitatif ni la minéralité . Elle donne un vin manquant de ‘profondeur’ comme la racine et dont les pieds crèvent rapidement.
    Si H Jayer et les anciens de Puligny avaient connu les concasseurs, ils auraient laisser leur barre à mine à l’atelier. Le domaine dont on discute est toujours en bio, mais les raisins rentrés sont plus jolis depuis 2005 qu’aupavant, donc se trouve dans une démarche encore plus qualitative, même si ce domaine appartient à la famille d’un ‘méchant’ négociant. Mes tomates sont cultivées en bio et la maison dans laquelle j’habite n’a pas de volets mécaniques. DR

    • Bonjour Dominique,

      Pouvez-vous s’il vous plaît m’indiquer les infos inexactes que j’aurais relayées dans mon post ? merci, Florence

  8. Demandez à Zito, votre informateur mais si nous allons au pénal (ce que je ne souhaite pas) je pense que vous n’aurez pas ‘gain de cause’. DR

  9. Bonjour,

    « Un bon vigneron doit avoir le soucis de la plante. Tout part de là » écrivait Jean Bernard Delmas (Haut Brion, Montrose).

    Je le traduis de deux façons :

    La plante doit pouvoir se nourrir. Comme on ne change RIEN, et c’est sur ce point que nous ne sommes pas d’accords, mais ni vous ni moi ne sommes à même de juger de ce point (les quelques lignes (ou livres) lues sur la géologie ne font pas de nous des géologues…
    La plante doit par ailleurs boire : vous le savez, certains pays ont le droit d’irriguer, d’arroser, ceci n’étant pas autorisé en France, cette dernière aimant se mettre des contraintes et espérer que les autres feront de même.
    Dans cette optique, les travaux effectués facilitent la survie d’abord, l’épanouissement de la plante, sans pour autant tout lui offrir sur un plateau d’argent.

    Le second point qui me semble important est la façon dont on « traite » la plante. Vous prliez du temps nécessaire à la reconstruction, à la régénération du sol mais ce délai n’est RIEN en comparaison du temps que celui ci, et la nappe en dessous mettra à se remettre d’un traitement chimique.
    Or vous vous gardez bien de préciser dans ce que je continue à appeler un témoignage à charge plutôt qu’un article, vous vous gardez bien de dire que le « propriétaire » est un des pionniers dans le domaine du bio, que vous qualifiez même de « pratiques culturales foireuses ».
    Comment peut on prétendre défendre le terroir et tolérer le chimique !

    Sur ces deux points, le Domaine en question est exemplaire.

    J’étais aux Evocelles ce week end, moi aussi sur mon vélo (ça nous fait au moins un point commun) et le travail effectué sur place, critiqué il y a peu, est excellent. Dans 20 ans, les gens ne se rappelleront plus du « chantier » mais ils retiendront les aspects positifs qu’il a amené.
    Tout comme on ne se souvient plus du petit goût de Bresse que l’on « sent » ou pas dans un très grand domaine de la côte.

    Les vignerons français ont déjà bien suffisamment de contraintes en comparaison des autres pays pour qu on vienne en plus leur mettre des bâtons dans les roues, fussent elles de tractopelles.
    Sans leur mettre une auréole, on constate que cela va globalement vers le mieux.
    On constate que les vins sont meilleurs que ceux de nos anciens, que l’apport de la science s’associe à merveille aux transmissions de savoirs de nos anciens.

    Pour finir, quant au fait d’écrire avec un pseudo, que vous critiquez comme s’il s’agissait de lâcheté, cela m’a semblé de bon sens, encore une fois pour deux raisons. (Rapidement, je ne relèverai pas qu’il semble manquer des articles ou des bouts d’articles… si ce n’est pas le cas, veuillez excuser cette remarque, mais l’ensemble semble manquer de cohérence).

    La première, sans ordre d’importance, étant que quand vous allez contre « la majorité bien pensante », il est parfois utile de se protéger un peu, on l’a vu il y a peu dans le sud avec les « anti corrida »…
    La seconde étant qu’aucune des personnes ayant publié un post ne me connait, pas plus que celles qui en publieront un je pense. Je suis un inconnu. J’ai juste eu celui que vous nommez Dominique au téléphone, mais cela date déjà et se bornait à un secteur d’activité qui n’a rien à voir avec ce post.

    Maintenant, et si cela vous est utile, vous disposez en tant qu’administratrice de ce blog, de mon adresse email timeisrunningout21@gmail.com, qui est une adresse email valide et utilisée.

    Cela sera quoi qu’il en soit mon dernier pavé, car je contribue consciemment à la mise en avant d’un article que je n’approuve pas.
    J’espère juste que vous aurez la franchise d’admettre dans un prochain post que les points de vue de vos adversaires d’aujourdhui ne sont pas dénués de sens.

    Cordialement,

    Nicolas

  10. Un petit texte de Gaston Bonheur, piqure de rappel pour les esprits « expansionnistes » qui justifient tout et n’importe quoi dans l’aveuglement du dieu argent. Et au passage, chapeau bas pour le post de Mr. Deiss.

     » Je suis un original indécrottable parce que je m’obstine à penser que le salut de la vigne n’est pas forcément la betterave sucrière. J’ai connu beaucoup de vignerons riches : au bord du Rhin en Allemagne, sur les terrasses du Valais en Suisse, dans la crau en Champagne, dans les graviers du Médoc. J’ai été frappé que leur richesse vienne le plus souvent de quelques arpents qui tiendraient à l’aise dans un F3. Et puis j’ai fait cette constatation que s’il y a dans le monde pas mal de gosiers prêts à absorber une bouteille à 100 francs, il n’y en a aucun qui puisse absorber en même temps cent bouteilles à 1 franc. Là-dessus j’ai vendu quelques hectares de manière à être assez petit pour bien faire. Je ne crois pas, en effet, que le soleil de notre héritage soit davantage dans les hectares que dans la betterave.

    Je ne crois pas à la machine à vendanger. Je crois que si l’on veut fabriquer du vin industriellement, on n’a pas besoin de vignes. On sera toujours battu par le Coca-cola ou par les assemblages d’Ambérieux.

    Si l’on aime ses vignes, une seule voie de salut s’offre à nous, en tirer du bon vin. Les vignerons ont cru qu’ils se grandissaient en devenant tractoristes. En fait, ils ont choisi un métier de manoeuvre non spécialisé, un métier du tiers-monde. Leur vraie qualification, qui ne sera jamais trop payée, c’est tailler, greffer, vendanger. Le reste ne mène qu’à l’endettement et à la faillite. Le sort des paysans n’est pas lié à celui de l’industrie. »

    Gaston Bonheur, journaliste, écrivain, 1913 – 1980

  11. La Bourgogne a une chance incroyable d’avoir une mosaique de terroirs au sein d’une meme appellation que beaucoup nous envient.
    Les moines Cisterciens ont initie les premiers l’association d’un cepage et d’une seule parcelle qui a ete relayee depuis.
    Aujourd’hui la carte des vignobles Bourguignons telle qu’on la connait reprends en tres grande partie ce principe, et certains terroirs n’ont pas ou tres peu change.
    Je suis outre de penser que ce producteur comme d’autres avant lui ont entiere liberte de faire du « lego » avec les sols et sous-sols afin de pouvoir repondre a une approche qui repond a cette tendance productrice plus que qualitative.
    Comme dans plusieurs domaines d’ailleurs, je pense de plus en plus qu’on a le talent, le don en France a attendre soit la derniere minute pour prendre la decision qui s’impose ou bien a decider de ne rien faire du tout et attendre, laisser faire…
    Cette approche et coups de pelleteuse sont une honte pour la Bourgogne, quand je pense ou ce premier cru Bel-air est situe…
    Ces vins vont un jour ou l’autre se retrouver en rayon, sur les tables de restaurants en France, en Europe et dans le monde.
    J’attends avec impatience de voir si l’entreprise pour laquelle je travaille a Londres aura le courage de dire non et de ne pas referencer ce vin ou bien de ne pas entrer dans une relation commerciale avec ce genre de producteur…
    Encore une fois je crains que le monde entier, specialement anglo-saxon va nous rire au nez, mais heureusement
    Comme beaucoup qui ont reagi avant moi je tenais a exprimer a quel point je suis outre de constater que de telles pratiques sont permises dans ma region natale.
    Heureusement que ce genre d’approche n’est pas generalise et que l’on compte toujours de nombreux producteurs qui travaillent et respectent leurs sols.

  12. J’hallucine ou j’ai l’impression que ton détracteur M. Reztte veut essayer de faire interdire ton prochain dossier dans la RVF?
    Bon courage, Florence. Et mes amitiés à ta maman, qui a vraiment bien fait de ne pas prendre la pilule, pour faire référence à la prose si délicate de Time is Running Out.
    Je ne sais pas si c’est ainsi que les hommes vivent, mais Dieu qu’il est difficile aujourd’hui de dialoguer quand on jette l’anathème, quand on tente de discréditer l’interlocuteur avant même d’argumenter. On se croirait revenu au temps des purges de Staline!

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