J’habite dans le Sud-Revermont à 4 km de Peggy Buronfosse, que j’ai rencontrée il y a au moins 5 ans, ayant eu le coup, de coeur pour l’un de ses vins, les Ammonites, à l’époque où je travaillais pour Cuisine et Vins de France. Elle était alors une parfaite inconnue vivant dans l’ombre de son célèbre voisin, Jean-François Ganevat. J’ai eu la chance de la recroiser de nouveau, en 2010, grâce à la rubrique Table & Cave de Participe Présent, un petit magazine jurassien trimestriel, dans lequel je lui ai consacré ce portrait.
Ne vous fiez pas à sa silhouette menue. Peggy Buronfosse, Jurassienne d’adoption, stéphanoise d’origine, est une dure à cuire, difficile à décourager. Et c’est tant mieux, car il lui en faut, de la volonté, pour piocher à la main ses 3 hectares et demi de vignes dans le Sud-Revermont. A la main ? Trois hectares ? Oui, ça abîme les articulations des épaules. Mais Peggy les aime, ses vignes, et elle n’imagine pas de passer du désherbant : elle est en bio, évidemment. Et sans désherbant, avec de vieux ceps tordus qu’abîment les socs, et des pentes incompatibles avec le chenillard, elle n’a pas le choix. Alors elle pioche.
Son rêve, c’est d’avoir un cheval de trait pour tracter la charrue. Initialement, d’ailleurs, Peggy se destinait à l’élevage des chevaux en Normandie. Les hasards de la vie l’ont amenée dans le Jura. « Femme, pas du milieu vigneron : on ne m’a proposé que les vignes dont les autres ne voulaient pas », se souvient-elle. Ses vrais débuts, elle les a faits en 2001 grâce à un vieux monsieur, Raymond Pageault, figure de Rotalier, qui lui a rendu visite, un jour : « je me suis renseigné sur la Peggy, elle est sérieuse. J’ai pas de successeur, je lui laisse mes vignes », a-t-il expliqué. Merci M. Pageault. Grâce à vous les Buronfosse (Jean-Pascal, le mari, travaille à mi-temps sur le domaine) vivent sur un domaine de 3,5 hectares, à « taille humaine », disent-ils. Ils ont produit de très beaux 2009. Actuellement à la vente, les 2008 sont austères, nerveux. Le plus charmant, c’est les Ammonites 2008, un chardonnay d’un coteau exposé plein sud, élevé 18 mois en fût. Nez mûr, bouche ronde et souple, finale nette et grasse, c’est un vin de plaisir. Mais attention : pas sulfité à la mise en bouteilles pour lui garder sa fraîcheur aromatique, il faut lui éviter les voyages.
8€ la bouteille – Domaine Buronfosse, La Combe 39190 Rotalier. Tél : 03 84 25 05 09
