Le nouveau portail Drias, géré par Météo France, permet de simuler l’évolution du climat à l’horizon 2085 à l’échelle d’un département. J’ai fait tourner le modèle pour voir ce que donnerait la Côte.
2007 et 2011 deviendront des classiques
Résultat : l’hiver ne sera pas extraordinairement plus froid, mais le printemps sera très probablement plus chaud. On peut s’attendre à ce que des millésimes comme 2007 ou 2011 deviennent la norme, avec des débourrements de folie en mars, des vignes qui partent à fond dans les starting-blocks, et du stress hydrique en juin. Une des cartes les plus surprenantes est d’ailleurs celle qui estime le nombre de nuits anormalement chaudes (de plus de 5°c par rapport aux normales de la décennie 1970-1980, prise comme référence). Comme on le voit sur la carte à droite, qui montre le département de la Côte-d’Or, on nage dans le rouge framboise, ce qui indique qu’on vivra partout, en ville comme en campagne, en plaine comme dans les Hautes-Côtes, sur les trois mois que dure la saison du printemps, entre 20 et 25 nuits plus chaudes que les moyennes.
Si ça intéresse quelqu’un que je fasse la même manip pour la Savoie et le Jura, et que je publie un article sur le sujet, dites-le moi !
Le Morvan plus concerné que la Côte
Quand on regarde ces cartes, on s’aperçoit incidemment que c’est le Morvan qui prendra de fouet les plus grandes variations climatiques, la Côte se situant en fait à la bordure, en limite des zones calculées.
Mais pas de quoi se réjouir, car une simple augmentation d’un degré peut booster le degré en alcool des raisins, et la vigne est probablement plus sensible, à travers le vin, au changement climatique que les sapins et les chênes rouvres du Morvan.
Le printemps, saison-clé
Toutes les saisons comptent, dans le cycle d’un millésime, mais l’été et le printemps sont évidemment stratégiques. Or le printemps va encaisser à la fois des nuits plus chaudes, et des journées estivales plus nombreuses, comme le montre cet autre graphique de la Côte en 2085 : entre 5 et 10 de plus sur la saison. Ceci dit, encore une fois, on voit bien que le suspense demeure car la Côte est sur la ligne-frontière entre les zones climatiques prévues.
Pas le pire des scénarios retenus
Précisons de plus que le scénario retenu n’est pas catastrophiste, puisque Météo-France le qualifie d’intermédiaire, ce qui veut dire que les ordinateurs pourraient probablement nous faire dresser les cheveux sur la tête avec un scénario franchement pessimiste.
La bonne nouvelle, qui fera plaisir à tous les disciples de Claude Allègre, c’est que 2085, c’est pas demain. Demain, c’est 2055, et là, pas encore de prévisions annonçant des étés 2003 chaque année. La dernière carte montre le nombre de jours de vague de chaleur qu’on pourra craindre en 2055 en Côte-d’Or : pas plus que 5, nous disent les statisticiens, et visiblement plus dans le Morvan que sur les vignes, épargnées par le problème. Donc, jusqu’ici, tout va bien…
