La bière, c’est un peu comme le vin

Elle se verse dans un verre, se fait regarder, humer, déguster, apprécier, elle possède ses confréries…

et ses festivals. Vendredi dernier, pendant que vous lisiez attentivement mes vertigineuses lignes luxembourgeoises, je me suis accoudé à quelques stands zytholiens, du grec ancien ζῦθος qui veut dire bière et bu quelques verres à votre santé.

C’était sur la Grand’ Place de Bruxelles, endroit merveilleux qui accueillait le 13eme Belgian Beer Weekend.

Crédit photo http://www.pays-de-valencay.fr/bruxelles/ Grand’ Place de Bruxelles

Près d’une cinquantaine de brasseries venaient présenter leur production, gamme classique et nouveautés.

Il a fait exceptionnellement beau et bon, voire chaud, ce qui pour notre pays peu épargné ces derniers temps par le climat aussi pourri que les bricoleurs élus, est à marquer d’une pierre aussi blanche que la mousse qui coiffe ma bière.

pour déguster tout ce qu’on veut. Deux heures de pur bonheur qui permettent avant l’accès au public d’échanger quelques propos avec les brasseurs. Bref aussi de quoi rapidement être pris d’ébriété si d’aventure le manque de modération vous voit vider chaque flacon jusqu’à la lie, reliquat de la deuxième fermentation. Parce que contrairement au sommelier, le brasseur aime servir un verre où la mousse monte jusqu’au bord. On peut donc boire quelques verres «à s’n aise»

ou tenter de faire le tour de la place en laissant plus de la moitié… J’ai choisi la deuxième option, n’avalant que quelques gorgées par marque, ce qui m’a fait déguster une bonne vingtaine de pressions de haute fermentation. J’étais en train, no panique. Elles m’ont presque toutes plu, même la meilleure bière du monde, la Trappiste Westvleteren, dixit le regretté Michael Jackson écrivain anglais spécialiste mondial de la bière. Mais c’est quoi au juste «meilleur du monde» ??

Voici quelques coups de cœur, les miens : la Saison Voisin ambrée, ample et riche en saveurs épicées de curcuma, quinquina et réglisse avec une fraîcheur qui doit beaucoup au regain d’amertume houblonnée en fin de bouche. De la même brasserie dite Des Légendes, la Goliath Triple à la robe foncée, à l’amertume qui se sent et qui se goûte forcément décuplée mais bien équilibrée par un fruité qui exhale la prune sombre saupoudrée de cacao www.brasseriedeslegendes.be, elle offre aussi en plus léger, une très agréable pils, la Gouyasse.

Chez Van Steenberge, l’Augustijn Blond dont l’amertume acidulée attise les papilles qui du coup apprécie mieux les parfums d’amande et de noisette ou encore la Celis White, une blanche au goût particulier de seigle à l’amertume légère et citronnée relevée de poivre blanc www.vansteenberge.com

Achouffe en version Houblon Chouffe j’adore, d’autant plus qu’au tonneau, l’amertume s’exprime mieux qu’en bouteille et quelle longueur !  www.achouffe.be

Brasserie Lefebvre et sa Hopus, décidément on ne sort pas du houblon, l’amertume revient en force et c’est tant mieux !! La Hopus se sert dans un grand verre, sorte de flûte tulipe qui enserre une écume dense immaculée, dessous un trouble ocré aux parfums de cumin, de croûte de pain, de pierre humide, en bouche, elle croque dans le bitter, puis s’adoucit d’un fruité aux allures d’agrumes et laisse après l’avoir bu sa griffe houblonnée. Dans un style tout à fait différent Moeder Overste ou la mère supérieur en français évolue ambré rouge brun comme une fine bure, plus acidulée qu’amère, elle travaille les papilles de notes citronnées, puis reviennent les traits de cacao et de réglisse. www.brasserielefebvre.be

Chez Strubbe, la Vlaskop ou blondin en français, voire filasse, mais c’est moins mignon, c’est une bière légère, très gracieuse avec un goût végétal frais très amusant, bien différente de Dikke Mathile, la grosse Mathilde qui croque moitié douce moitié amer avec un note de menthol. www.brouwerij-strubbe.be

Pour finir en Malheur, voilà une bière que je n’achète guère parce que trop alcoolisée, elle titre 10° ou 12° pour celles qu’on trouve facilement en rayon, par contre Grand’ Place le stand proposait la 6°, vraiment agréable par sa légèreté, sa fine amertume, l’impression de fraîcheur qu’elle développe en bouche et un cran au-dessus la Brut pour finir en beauté la Malheur Bière Brut « à la méthode originale », c à d après brassage normal, le brasseur met les bouteilles petit à petit sur pointe pour les dégorger.

Voilà ce qu’en la brasserie sur son site : la Bière Brut est une bière riche exclusive avec une teneur en alcool de 11%, mise en bouteilles et refermentée jusqu’à trois fois en bouteille. Le résultat est une bière raffinée et pétillante avec un col énergique et un arrière-goût élégant. www.malheur.be

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *